18.09.2006
Gazel du fond de la nuit - Gnawa Diffusion
Je suis rentré dans la maison comme un voleur
Déjà tu partageais le lourd repos des fleurs au fond de la nuit
J’ai retiré mes vêtements tombés à terre
J’ai dit pour un moment à mon coeur de se taire au fond de la nuit
Je ne me voyais plus j’avais perdu mon âge
Nu dans ce monde noir sans regard sans image au fond de la nuit
Dépouillé de moi-même allégé de mes jours
N’ayant plus souvenir que de toi mon amour au fond de la nuit
Mon secret frémissant qu’aveuglement je touche
Mémoire de mes mains mémoire de ma bouche au fond de la nuit
Long parfum retrouvé de cette vie ensemble
Et comme aux premiers temps qu’à respirer je tremble au fond de la nuit
Te voilà ma jacinthe entre mes bras captive
Qui bouges doucement dans le lit quand j’arrive au fond de la nuit
Comme si tu faisais dans ton rêve ma place
Dans ce paysage où Dieu sait ce qui se passe au fond de la nuit
Ou c’est par passe-droit qu’à tes côtés je veille
Et j’ai peur de tomber de toi dans le sommeil au fond de la nuit
Comme la preuve d’être embrumant le miroir
Si fragile bonheur qu’à peine on peut y croire au fond de la nuit
J’ai peur de ton silence et pourtant tu respires
Contre moi je te tiens imaginaire empire au fond de la nuit
Je suis auprès de toi le guetteur qui se trouble
A chaque pas qu’il fait de l’écho qui le double au fond de la nuit
Je suis auprès de toi le guetteur sur les murs
Qui souffre d’une feuille et se meurt d’un murmure au fond de la nuit
Je vis pour cette plainte à l’heure ou tu reposes
Je vis pour cette crainte en moi de toute chose au fond de la nuit
Va dire ô mon gazel à ceux du jour futur
Qu’ici le nom d’Elsa seul est ma signature au fond de la nuit !
Louis Aragon (Le Fou d’Elsa, 1963)
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09.07.2006
La petite voleuse - Olivia Ruiz
Quand je serais grande je serais voleuse
J'ai d'jà commencé c'est assez marrant
J'dois avoir le don et la main heureuse
Le doigté precis et l'oeil vigilant
Je m'suis bien juré de voler de tout
Voler pour voler pour l'amour du geste
Faire sa difficile c'est manquer de gout
On peut être douée et rester modeste
Faut pas croire pourtant que j'manque d'ambition
Je m'frai les palaces ,les soirées mondaines
A ceux qu'ont du fric tirer du pognon
C'est assez moral et ça paye ça paye
Je volrai des billes de la becadille
Des oui et des non pour le grand frisson
J'volrai des trucs des engins caducs
Des machins bizares et des oeuvres d'art
J'prendrai sans remort leur bagouses aux morts
Et bien entendu leur corde aux pendus
En volant le beurre et l'argent du beurre
Je ferai mon profit du bien mal aquis
La petite voleuse n'a qu'une loi
Ce qui est à toi est à moi
J'aurai un costume velour et satin
Noir comme la nuit faut rester discret
Un loup sur le nez et des gants aux mains
Moitié Fantomas moitié Fantomette
Comme une référence pour les tirelets
J’me vois assez bien traité comme une reine
secrète et rusé par la pègre entière
Mais toujours seule comme sont les vrais fauves
J’partagerais pas j’garderais le butin
Et je ne serais et tanpis pour les pauvres
Ni Robin des bois ni Arsène Lupin
J’volrais du fer blanc de l’or des diamants
D bijoux des chaines le collier d’la reine
J’volrais surement l’orange du marchand
Pour porter bonheur à un raton-laveur
J’volrais encore le jour de mam ort
Tous les prote-feuilles d’la famille en deuil
En volant le beurre et l'argent du beurre
Je ferai mon profit du bien mal aquis
La petite voleuse n'a qu'une loi
Ce qui est à toi est à moi
Et si viens un jour ou jme fais coincée
Devant l’tribunal je m’démontrais pas
Je n’ai que le gout messieurs les jurés
Du travail bien fait et d’l’artisanat
Que nous dit le monde si nous l’écoutons
La bourse ou la vie et les mains en l’air
Ainsi font font font les fonds de pension
Les marchands du temps et leurs actionnaires
Faut pas s’étonner que ca fasse des envieux
On n’a pas besoin d’tous cet étalage
A force de dire « moi aussi j’en veux »
On va tous finir dans le cambriolage
On volera des billes des baisers aux filles
Des petits bonbons des bombes à neutron
Passé à la caisse on prend les espèces
Et à l’occasion quelques stock option
Qu’on soit voleur ou spéculateur
On met nos arnaques dans le même sac
21:15 Publié dans Lyrics | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.05.2006
Raoul mon pitbull, Oldelaf Et Monsieur D
Mais où est-donc passée Grand-Mère ?
Je l'ai cherchée toute la journée
J'l'avais laissée sur l'rocking chair
Y'avait Sevran à la télé
Mais je m'inquiète son siège est vide
Personne l'a vue dans la maison
A-t-elle été un peu timide
Pour nous cacher ses ambitions
Est-elle partie vers d'autres terres
Goûter aux délices des rois
Chercher des jades en montgolfière ?
Mon grand fiston m'a dit : " J'crois pas… "
C'est Raoul mon pitbull
Qui l'a trouvée appétissante
C'est Raoul mon pitbull
Il est gentil mais quelle descente !
Il aime jouer, il est cool
Mais s'il a un p'tit creux dans l'ventre
Il te croque dès que tu rentres
C'est Raoul mon pitbull
Bon, je l'avoue, ça m'a fait drôle
D'imaginer un tel carnage
Mais on va pas le mettre en taule
On s'y fera, y'a l'héritage…
De toutes façons, elle était vieille
Et puis elle me battait au Scrabble
Elle avait une tête de Sharpeï
Et ses cadeaux étaient minables
Mais il faut qu'j'aille prév'nir Gisèle
C 'était sa mère à elle tout d'même…
Elle doit essuyer la vaisselle
" Attends Papa y'a un problème… "
Y'a Raoul, mon pitbull
Qui l'a trouvée appétissante
C'est Raoul mon pitbull
Il est gentil mais quelle descente !
Il aime jouer, il est cool
Mais s'il a un p'tit creux dans l'ventre
Il te croque dès que tu rentres
C'est Raoul mon pitbull
Ah oui mais là ça d'vient pénible
Si on n'est plus tranquille chez soi
On va l'emm'ner dans un chenil
Et on va prendre un chihuahua
Et le plus grave dans cette affaire
C'est qu'c'est bientôt l'heure du dîner
Et je n'sais pas ce qu'on va faire
Maint'nant qu'ta mère s'est faite bouffer
Va chercher ta p'tite sœur Anne-Lise
On va aller dans un " drive in "
" Attends Papa, il faut qu'j'te dise… "
Oh ! Non ! C'est bon, je crois qu'j'devine…
C'est Raoul mon pitbull
Qui l'a trouvée appétissante
C'est Raoul mon pitbull
Il est gentil mais quelle descente !
Il aime jouer, il est cool
Mais s'il a un p'tit creux dans l'ventre
Il te croque dès que tu rentres
C'est Raoul mon pitbull
Non, non, non…
C'est Hubert mon cocker
Qui voulait pas s'trouver en reste
C'est Hubert mon cocker
Avec Raoul ils se détestent
Il voulait rester fier
Et avoir sa part du gâteau
C'est normal, il a l'sang chaud
C'est Hubert mon cocker…
Tiens voilà qu'ça sonne à la porte
Qui c'la peut être à cette heure-ci
C'est p'têt Maman ; Non, elle est morte !
C'est la voisine Madame Petit.
Elle dit qu'elle a pendant des heures
Entendu des cris dramatiques
Qui lui ont déchiré le cœur
Et qu'elle voudrait app'ler les flics
Mais entrez donc, dehors il gèle ;
Il fait meilleur dans le salon
Pendant qu'on vous fait un cocktail
Raoul sera vot' compagnon…
C'est Raoul mon pitbull
Qui l'a trouvée appétissante
C'est Raoul mon pitbull
Il est gentil mais quelle descente !
Il aime jouer, il est cool
Mais s'il a un p'tit creux dans l'ventre
Il te croque dès que tu rentres
C'est Raoul mon pitbull
16:17 Publié dans Lyrics | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.03.2006
Je suis floue, Pauline Croze
J'ai du mal viser ou bien mal cadrer
J'ai pourtant le bonheur dans l'objectif,
J'ai brûlé tous les négatifs,
Malgré les mises au point,
Je suis floue.
Malgré les mises au point,
Je suis floue.
Le temps des rêves passe comme un bolide,
Dans l'instantané d'un polaroïd,
J'ai l'impression d'une vie de cliché,
Montrant mon coeur surexposé.
Malgré les mises au point,
Je suis floue.
Malgré les mises au point,
Je suis floue.
20:05 Publié dans Lyrics | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
16.02.2006
Au nom des frustrées, Linda Lemay
Au nom de toutes les frustrées du monde entier
Au nom de toutes les pauvres laissées pour compte
J'vais crever les pneus de toutes les voitures aux vitres embuées
Et je vais couper les cheveux des grandes blondes.
Au nom de celles qu'à l'intérieur elles sont belles
Au nom de toutes les cocues inconsolables
Je vais filer en douce tous les p'tits couples jusqu'à leurs motels
Et je vais crier "au feu" quand ça a l'air agréable.
Au nom de toutes les bonnes femmes à la diète
Au nom de toutes les victimes d'adultère
J'vais accrocher sans faire exprès avec le bout d'ma cigarette Tous les visons des secrétaires particulières.
Au nom de toutes les frustrées du monde entier
Je vais kidnapper Adjani et Sophie Marceau
Je vais leur faire bouffer des chips et des brownies à la pocheté
Jusqu'à voir apparaître deux gros ventres flasques.
An nom de toutes les pas jolies mais très gentilles
Au nom de toutes les révoltées contre les hommes
Je vais entrer par effraction chez les p'tits cons tombeurs de filles
Je vais leur faire "gueli gueli" pendant qu'ils dorment.
Au nom de toutes les allergiques aux agaces
Au nom de toutes les ennemies de Sharon Stone
Je vais m'asseoir au cinéma derrière un couple qui s'embrasse
Je vais éternuer dans les séquences cochonnes.
Au nom de toutes les frustrées du monde entier
Au nom des mangeuses de tires de Sainte Catherine
J'vais faire signer des pétitions contre le sexe à la télé
J'vais faire la chasse aux laminés de Marilyn.
Au nom de toutes les coquettes qui vieillissent
Et qui n'attirent plus le regard de leur mari
J'vais m'arranger pour trouver l'moyen d'faire pousser des varices
Sur les gambettes de pétards de Dynasty
Au nom de la désillusion et de la rage
Au nom des tentations secrètes des bonnes-sœurs
J'vais supplier le diable de faire apparaître un feu sauvage
Sur la grosse maudite bouche de Kim Basinger
Au nom de toutes les frustrées du monde entier
J'ai composé cette chanson thérapeutique
Plus on la gueule fort mesdames et plus on se sent libérée
Je la conseille à toutes les frustrées chroniques !
00:30 Publié dans Lyrics | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
02.02.2006
Le coup du lapin, Bénabar
La voilà qui rentre dans le bistrot,
Ca fait une heure que t'attends !!
T'as déjà bu 7 cafés,
T'as des tics, des tremblements ...
A peine assise, elle te dit
Qu'on peut pas rester longtemps !
T'aurais préféré toute la nuit,
Elle partage pas tes sentiments !
Tu lui fais des yeux de faon malade,
Elle regarde sa montre.
Pendant que tu parles "bip" son portable,
Ca la gène pas de t'interrompre !
Une autre fille attend seule au coin du comptoir,
On lui a posé un lapin, t'es trop occupé pour la voir ...
Tu dévisages l'autre qui parle au téléphone très fort,
T'as l'impression d'être invisible ... t'as pas tort!
Elle raccroche faute de batterie,
Tu recommences à la pister.
Elle te raconte sa vie,
Tu fais vachement bien le mec captivé !
Elle est un peu mannequin,
Un peu actrice, un peu serveuse
Elle est un peu pédante, un peu égoïste,
Un peu allumeuse ...
Mais elle est jolie !!
T'aimerais la connaître bibliquement,
Bibliquement en poésie,
Ca veut dire "cabosser" tout simplement.
Au coin du bar, la fille au lapin s'ennuie.
En y regardant de plus près, elle aussi elle est jolie,
Tu la trouverais adorable, et chose qui n'a plus de prix,
Elle coupe son portable, quand elle est en bonne compagnie !
Mais c'est l'autre que tu convoites,
Tu te décides à conclure,
Sa réponse est "niet" :
Elle rejette ta candidature !
Elle avait oublié de te dire,
Elle a déjà un copain
Ca finit de t'anéantir
C'est le coup du lapin !
Habillé pour l'hiver
T'as pris une belle veste
C'est plutôt une canadienne
Avec une doublure en gore-tex !
La fille au lapin paye son verre
Elle en a marre !
Tu la remarques enfin lorsqu'elle quitte le bar,
Trop tard !!
19:40 Publié dans Lyrics | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.01.2006
Le monologue shakespearien, Vincent Delerm
Pendant la première scène je regardais sur le côté
Pour essayer de comprendre comment ses cheveux étaient noués
Pendant la deuxième scène en fait j'imaginais
Ses vacances y a deux ans sur la plage de Bénodet
Pendant la troisième scène je me suis un peu rendu compte
J'avais pas bien suivi les répliques du Vicomte
Pendant la quatrième elle s'est penchée vers moi
Elle a failli me dire un truc et puis finalement pas
On est parti avant la fin
Du monologue Shakespearien
Parti avant de savoir
Le fin mot de l'histoire
On a planté en pleine nuit
L'Archevêque de Canterbury
On a posé un lapin
A l'épilogue Shakespearien
Début du deuxième acte, toute la rangée soupire
Le clan des veuves s'éclate parce que bon c'est Shakespeare
Niveau intensité quelque chose qui rappelle
Le programme d'EMT pour l'année de quatrième
Pourtant la mise en scène était pas mal trouvée
Pas de décor pas de costume c'était une putain d'idée
Aucune intonation et aucun déplacement
On s'est dit pourquoi pas aucun public finalement
On est parti avant la fin
Du monologue Shakespearien
Parti avant de savoir
Le fin mot de l'histoire
On a planté en pleine nuit
L'Archevêque de Canterbury
On a posé un lapin
Au dénouement Shakespearien
Dans les rues d'Avignon y a des lumières la nuit
On boit des demi-citrons et on se photographie
A la table d'à côté ils ont vu un Beckett
Ils disent c'est pas mal joué mais faut aimer Beckett
Dans les rues d'Avignon il y a des projets balèzes
Demain à 23 heures je vais voir une pièce polonaise
Dans les rues d'Avignon y a du pepsi cola
Et puis y a une fille qui dit bah en fait je viens de Levallois
On est parti avant la fin
Du monologue Shakespearien
Parti avant de savoir
Le fin mot de l'histoire
On a planté en pleine nuit
L'Archevêque de Canterbury
On a posé un lapin
Au monologue Shakespearien
Pendant la première scène je regardais sur le côté
Pour essayer de comprendre comment ses cheveux étaient noués
Pendant la deuxième scène en fait j'imaginais
Mes vacances dans deux ans sur la plage de Bénodet
22:00 Publié dans Lyrics | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.11.2005
La rentrée des classes, Guillaume Aldebert
Sur le lit étalé en patchwork
L’essentiel de ma garde robe, bien !
Tout est lavé, essoré, séché, repassé
Me voilà prêt pour le jour J du lendemain
En finissant de boucler mes bagages
Mon stylo quatre couleur mon taille crayon mappemonde
Je calcul sur une Texas instruments
Combien font 24h en seconde
Mais non j’ai pas peur !
J’aime pas les rentrées c’est tout
Je retrouve en faisant mon sac
Un vieux bulletin que j’avais caché
Je me souviendrais toujours des phalanges de mon père
Quant je lui avait dit : « ils sont en retard cette année ! »
Résultats faibles doit poursuivre les efforts, élève absent même quand il est la !
Il paraîtrait que cette année ce soit plus dur encore
Mais alors, c’est tout les ans ou quoi ?
Un nouveau monde s’ouvre à mes yeux
Encore une année qui passe
Appréhension, cafard et trouille bleue
C’est la rentée des classes
Je touche du bois, je croise les doigts
Pour avoir un prof principal sain d’esprit
Un emploi du temps sympas
Qui commencerais mardi et finirait … mardi !
C’est décidé je mettrais dés demain
Fin a mes jours si cette année aussi
Je retrouve ce psychopathe de Martinot
En histoire et géographie
Mais non j’ai pas peur
J’aime pas qu’on me presse, c’est tout
Le compte a rebours est lancé, je m’en remets au ciel
Allez quoi s’il vous plait, juste un tremblement de terre
Que les secours débarquent et me lancent une échelle
Par pitié emmenez-moi dans votre hélicoptère
Apres 300 tours sur moi-même je m’endors je rêve et je délire
J’arrive au collège en chausson, y a pas mon nom sur les listes
Martinot me poursuit, j’arrive pas à courir !
Un nouveau monde s’ouvre à mes yeux
Encore une année qui passe
Appréhension, cafard et trouille bleue
C’est la rentée des classes
Devant l’alignement militaire des cartables
Se dessine la silhouette des gardiens de ghetto
Les professeurs pactisent avec le diable
La preuve en est qui sont chausser Méphisto
L’un d’entre eux celui au regard sombre
S’avance doucement vers moi, on dirait Lucifer
Il est tellement grand qu’y fait froid dans son ombre
« Dites donc, n’en faites pas un peu trop, Aldebert ? »
« Si peut monsieur Martinot, si peut ! »
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16.10.2005
Parfait inconnu, Jeanne Cherhal

Ah ! Comme ce parfait inconnu semble aussi parfait qu'inconnu.
Ah ! Comme ce parfait inconnu semble parfait.
Tout ignorer de quelqu'un, y a rien de mieux pour le trouver sans défaut, sans lacune. Pour imaginer que son ramage se rapporte à ses plumes. Une jolie gueule un matin, ça donne envie de s'arrêter pour échanger trois mots sans grand intérêt, puis se dire bon, les mots étaient de trop. Ne pas poser de question, ça vaut mieux pour garder sa première impression, et que cette impression-là est belle et douce.
Ah ! Comme ce parfait inconnu semble aussi parfait qu'inconnu.
Ah ! Comme ce parfait inconnu semble parfait.
Ne pas savoir d'où il vient, y a rien de mieux pour lui trouver le charme fou des métis. Pour imaginer que dans ses veines coulent Oslo et Tunis. Lui donner, ça coûte rien, des origines insolites et rares, c'est excitant. D'autant qu'assez vite on apprendra qu'il est de Lille ou Caen. Ne pas poser de question, ça vaut mieux pour garder sa première impression, mais que cette impression-là est éphémère.
Ah ! Comme ce parfait inconnu semble aussi parfait qu'inconnu.
Ah ! Comme ce parfait inconnu semble parfait.
Ne chercher que l'incertain, y a rien de mieux pour éviter la routine et l'ennui. Pour imaginer que l'inconnu est ce qu'on veut de lui. Quand on le connaît enfin, là il devient si imparfait si chargé de défauts, qu'il en est charmant, unique, humain, sans doute encore plus beau. Ne pas poser de question, ça vaut mieux pour garder sa première impression, mais que cette impression-là est inutile.
Ah ! Comme ce parfait inconnu semble aussi parfait qu'inconnu.
Ah ! Comme ce parfait inconnu semble parfait.
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