12.10.2007
Débat autours de l’Aid El Fitr
Le Ministre des Affaires Religieuses était formel hier : nos amis les saoudiens sont montés sur les toits pour observer le croissant du nouveau mois auquel devrait céder place le Ramadan, mais ce fut sans utiliser de télescopes ou de loupes, ce qui annule la déclaration non-scientifique qu’ils ont faite : la fin du Ramadan ne sera pas pour vendredi !! Il nous faut bien respecter ce que le Bon Dieu nous a dit « soumou li rou2yatihi, waftirou li rou2yatihi »*
Cependant, le Ministre des Etudes Supérieurs et du Chômage Chronique Algérien Subi et Volontaire (MESCCASV) n’était pas d’accord pour un Aid le Samedi, ce qui rendrait fériés les 2 jours de Samedi et Dimanche, argumentant qu’élèves, étudiants et employés ont eu assez de jours fériés, de prises de contact, et d’absences justifiées par le jeûne et la fatigue, et qu’il ne fallait plus rater une seule occasion de travailler et d’étudier. Selon lui, l’Aid devrait être le Vendredi.
Les membres de l’Association des Zmagra** Maghrébins (AZM) ont eux aussi pris part au débat pour défendre leurs position. Ils ne vivent pas dans des pays musulmans, et sont souvent obligés de rater une journée de boulot, de justifier l’absence de leurs enfants à l’école, ou de renoncer à la présence de leurs universitaires obligés d’assister à un TP ou un exam.
L’Aid doit être le Samedi selon eux, pour que personne n’ait à rater quoi que ce soit pendant le week-end, ainsi tous les zmagra pourraient profiter d’une journée où tout le monde serait libre d’aller rendre visite à sa famille et ses amis, et de prendre le temps d'un petit déjeuner sur les airs de "mezinou nhar el youm" de Abdelkrim Dali, sans quoi aucune Aïd ne serait.
Mais comme on ne peut pas contenter tout le monde, les algériens, grands estomacs sur pattes, n’ont plus la force de supporter une journée de jeûn de plus, la nuit décisive (lilat chak). Ils iraient presque manifester dans les rues après la rupture du jeûne, criant de toutes les forces que leurs ont donné les calories du ftour, d’une seule voix « pour un aid le Vendredi ».
En bref, il s’est passé beaucoup de choses, on a faillit avoir une fetwa disant que Ramadan aurait du se terminer Jeudi, puis d’autres qui auraient été partants pour un Aid le Dimanche, pour faire le pont et fériériser*** ainsi le Samedi, profiter du Dimanche et Lundi, et pourquoi pas faire une autre pont jusqu’au week-end suivant.
Finalement, la décision fut annoncée vers les coups de 20h, et ce fut une femme qui a eu raison de tout ce beau monde : Fatiha el ksantinia n’avait pas fini de faire des gâteaux pour la fête, alors il fallait lui donner un jour de plus pour terminer la préparation de sa baqlawa et son maqroud.
Ainsi, vous savez tous que l’Aid est pour Samedi 13 Octobre 2007, en sachant tout concernant les coulisses de « lilat chak ».
Main’nant, je vous souhaite à tous un Aid Moubarak, et pas beaucoup d'ennui durant cette journée que je trouve la plus soulante de l'année. Je sortirais volontier faire un tour à vélo !!
-*bonne fête*-
* « commencez le jeûne à sa vue -le nouveau croissant-, et arrêtez-vous à sa vue »
** les émigrés -> les_émigrés -> les zémigrés -> zmagra
*** Cf le dictionnaire de Gad El Maleh
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12.09.2007
Saha Ramdankoum, édition 2007
Cette année aura donc connu une légère amélioration, tous ont voté pour un Ramadan débutant le Jeudi 13 Septembre 2007, et c’est le résultat qu’on a eu : une journée de plus pour s'empiffrer de "touajen" et de plats différents .
Et c'est exactement la nourriture qui pose problème pendant ce mois sacré, où les musulmans sont supposés faire le jeun : se priver de manger et de boire de l’aube à la tombée de la nuit, et ceci, dans le but de comprendre les nécessiteux et les pauvres orphelins qui ont faim toute l'année, et de devenir ainsi plus généreux et prodigues. Explication de manière générale.
qui Pourtant, à cause de cette privation -outre l'énervement et les bagarres que ça génère, régime sans nicotine oblige- les gens se sentent obligées de manger "mieux" et surtout "plus" que d'habitude, d'où les spéculations et les prix qui montent en flèche de tous les produits et tous les marchés (200 DA le kilo de Gnawya, pour infos) car les commerçants profitent du fait que toutes les familles prévoient des menus très divers et enrichis pour l’iftar:
- Chorba frik
- L’7am le7lou / Tadjine zitoune- Briques aux crevettes
- 7miss, comme accompagnement
- Salades variées, avec du riz, du mais, beaucoup de mayonnaise, des avocats –sans toges-, et pourquoi pas des petits salés avec du caviar … etc.
- Zlabya, beignets et autres amuse-gueules
- Rfiss/ Mesfouf avec du lait caillé, pour la 2nde mi-temps.
Etc., jusqu’y a ce qu’il n’y ait plus de place sur la table.
Pour rappel, le Ramadan est l’un des 5 piliers de la religion musulmane, avec la profession de foi, la prière, l’aumône et enfin le pèlerinage. C’est le mois où les fidèles sont appelés à accomplir également la lecture du St Coran, pendant les prières des Tarawi7, et multiplier les bons points (7assanet) par différentes manières, notamment par l’aumône.
Qui croirait qu'on mange plus un mois de jeun, qu'un mois ordinaire de l'année ? Qu'on dépense bien plus un mois de Ramadan, mois sacré de clémence et de miséricorde, qu'un autre mois ? Que les soirées sont plus longues, et pas forcément dans les mosquées ?
Quand on ne vit pas dans un pays musulman, on est complètement à côté de plaque, on ne comprends rien aux phénomènes observés.
C'est comme certaines fêtes chrétiennes. Quand j'étais petite, je trouvais belle la fête de Noël. Un beau sapin décoré, avec beaucoup de cadeaux et des sucreries, c’était le top.
On la fêtait même, quand on était gosse, parce que ça nous donnait envie, et qu'on avait envie de croire à un Papa Noël adorable avec une longue barbe blanche, qui s'immiscerait la nuit dans notre chambre pour y déposer des cadeaux, quand on a été gentils et sages. N’est-ce pas merveilleux ?
Mais qui aurait cru que c’était la fête la plus stressante en France ?
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12.09.2006
Ainek Mizanek
Une courte émission assez sympa que je viens de découvrir sur la chaîne algérienne. Oui, on est loin de sa première diffusion, et ... oui, je ne regarde pas beaucoup la chaîne nationale, ni même la télé, et il se pourrait que je n'en ai même pas une chez moi, et ... bon, vous voulez la suite en ce qui concerne cette émission, oui ou merde ?
Bon ... c'est présenté par cette Bouchra toute pétillante et drôle, chaque jour du Samedi au Mercredi, tout juste avant le journal de 20h sur la chaîne nationale. En gros, ça parle de tous les produits que nous consommons au quotidien.
Dans le fond, c'est intéressant ! ça parle de café, légumes, fruits, eau, produits ménagers et cosmétique ...etc. balayant leur descriptions, histoire, bienfaits ou méfaits et conseils de consommation. Aujourd'hui par exemple, il s'agissait de sodas et de caféine.
Bouchra n'oublie bien sûr pas de parler des prix (histoire de différencier carnivore de luxe et végétariens obligés) en répétant (trop, selon Mme Boualem) Ainek Minzanek*, à tout va.
Mais dans la forme, elle ne fait aucunement l'exception des autres émissions algériennes qui ne sont que le copié-collé des produits diffusés européens qui eux, font le copié-collé des américains ... eh oui, le monde semble si clair sous cet angle là !! Mais bon, ce qui m'exaspère, c'est le fidèle manque d'imagination et de création algérien !! Après "Fa-Si-La chanter" algérianisé, il manque plus que "Koh-Lanta" sur nos écran, avec des Fatiha et des Redah sur l'île de Ziama Mansouriah. Vous imaginez ça ?
Pour "Ainek Mizanek", ça me semble être l'hybride de "ConsoMag" sur Fr2, avec des conseils s'adressant aux consommateurs, et "Minute Zen" sur M6, avec l'ANIMATRICE grand format qui dit des choses intéressantes, et la petite anumatruss petit format qui ressemble à Clochette-sans-ailes et qui dit des choses pas sensés en essayant de faire de l'humour.
Mais bon, tant que ça reste instructif avec une animatrice souriante, on leur pardonne. Mais faudra être un peu originale de temps en temps !!
* Expression algérienne qui, traduite mot à mot, donne en français "seul ton oeil saura évaluer" et qui veut dire "à toi reviennent tous les choix".
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07.09.2006
Constantine, ville des ponts ...(1)
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06.09.2006
Mis en valeur ?
Après 1962, je doute que l'Algérie ressemblait à un pays qui a été mis en valeur. Les yeux pleuraient un million et demi de chehids, dont l'âme a cédé sous la torture ou dans des cachettes qui ont explosé sous les bombes, et les mains applaudissaient la bravoure et la force qui ont réussit à arracher notre liberté et élever les couleurs de notre pays au dessus du drapeau français qui piétinait notre dignité.
Ce matin, j'étais stupéfaite d'entendre les infos à midi. Mon pinceau a cessé de bouger, ma voix de chanter, et j'ai tendu l'oreille pour écouter la télé de la pièce d'à côté : la nouvelle édition du Petit Robert 2007 a soulevé la polémique avec ses définitions de "colonisation" et du verbe "coloniser", et son retrait a été demandé par le Mrap et le Cran, à la veille de cette rentrée scolaire 2006.
Alain Rey, rédacteur en chef des publications et des éditions du Robert après avoir été contacté, persiste et signe sur l'exactitude de ces deux définitions qui ne sont qu'une pure provocation, selon Mouloud Aounit, le secrétaire général du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples. Elle intervient justement quelques mois après la polémique sur l'article 4 de la loi du 23 février 2005, qui avait contraint en Février dernier Jacques Chirac à abroger cet article qui évoquait "le rôle positif" de la colonisation. Un rôle positif que seuls les français peuvent voir, à mon avis.
Personnellement, j'ai toujours préféré Le Petit Larousse, que je conseille à ceux qui sont en train de s'armer pour cette rentrée. D'ailleur Mouloud Aounit a déclaré à Reuters qu'il demandait aux gens, qui ont le choix, de ne pas acheter Le Petit Robert, dont les définitions provocatrices sont les suivantes :
- Colonisation : "la mise en valeur, exploitation de pays devenus colonies".
- Coloniser : "coloniser un pays pour le mettre en valeur, en exploiter les richesses".
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20.04.2006
Carte du passé, un 3 Avril 1912 en Algérie
J'ai mal aux mains. Je veux faire une pause. Je suis fatiguée de travailler toujours de cette façon machinale, avec mes gestes d'automate. Je ne réfléchis pas de peur de tomber dans les coins les plus sombres de ma tête, où le soleil n'a jamais rayonné. Je me contente de sortir ma machine sous le soleil, et d'essayer de recevoir le maximum de lumière, pour illuminer ne serait-ce qu'un semblant de brillance dans mes yeux, et nourrir ce rictus qui se dessine sur mes lèvres pour en faire un petit sourire. Je ne suis pas faite pour sourire, ni pour rire, il faut bien le dire. Je suis faite pour les travaux de femmes, et je les exécute un peu comme les bêtes sauvages qui n'ont pas le choix, ou le droit de se plaindre, ni à qui se plaindre.
J'ai mal au coeur. Je veux faire une pause. Je suis fatiguée de n'être qu'une ombre, je suis fatiguée de rêver avec la lune, et de ne partager mes pleurs qu'avec elle. J'ai vite le coeur serrée, le ventre noué et la nausée qui monte, mes larmes étant devenues sèches, rien qu'à l'idée de penser que je ne suis qu'une poussière, prédestinée depuis la naissance à une vie de poussière. Je ne suis rien, ou du moins, qu'un fantôme et des besoins inavoués, et inavouables à aucune oreille. Je n'en peux plus à trop penser à mon futur, qui n'est autre que mon passé. Je n'en peux plus à trop voir ma vie renaître et recommencer inlassablement à travers mes filles, mes petites filles ...
J'ai mal à la vie. Je veux faire une pause. Je suis fatiguée d'être, je suis fatiguée de me porter et de me vivre. Je ne suis pas heureuse, je n'ai même pas l'envie de le devenir puisque je n'y ai pas vraiment droit. Je ne fais que suivre ce qui m'est dicté de faire, de vivre et de produire. Je n'attends plus rien de la vie, seulement la mort. Je serais ainsi née, puis morte tout de suite, ce qu'il y aurait eu entre ces deux évènements ne serait important que par sa durée. Je n'attends rien de la vie, dont je touche les horizons rien qu'en tendant le bras. Je n'attends rien de la vie. Je n'attends rien de la mort.
Je suis toujours fatiguée, mais ma pause est terminée. Allez vous-en, emportez mon mal avec vous, et laissez moi tisser mes Haïck et mourir ...
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08.03.2006
Souffle du passé ... ou pas ? J'hésite ...
21:05 Publié dans Algérie, mon Algérie ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06.03.2006
Carte du passé, un 29 Mars 1912 en Algérie
19:30 Publié dans Algérie, mon Algérie ! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
25.01.2006
Lumières ...

Les lumières d'Algerie (click here)
Peut être sont-elles juste lasses
Peut être qu'elles veulent un peu se reposer
Des choses les plus dégueulasses
Qui les empêchent souvent de briller
Mais qu'importe ce que vous pensez
Le peu de rayons que je peux voir
Me laisse dire qu'il y a encore l'espoir
Que les lumières reviennent l'éclairer
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26.11.2005
Carte du passé, un 8 Juillet 1912 en Algérie
L’homme algérien est si fier, il a du « nif », et même au chômage depuis des mois, il préfèrerait mourir de faim, plutôt que tendre la main, ou vivre aux dépens de son épouse …
Elle en est consciente, il le prendrait comme une injure, une des pires humiliations … oui, il le prendrait mal, tellement mal qu’elle finira probablement chez ses parents, mais elle en court le risque, car tout ce que le « romi » demandait, c’était de la prendre en photo avec sa tenue de « bou 3wina » (petit œil), et ce n’est rien comparé aux pleurs de ses bambins :
Hier, c’était la troisième nuit qu’ils n’avaient absolument plus rien à se mettre sur la dent. Et n’osant pas leur dire cela, elle leur fait croire que le dîner est presque prêt, avec une marmite remplie d’eau, bouillant sur la « tabouna » à petit feu … elle leur chante pour les faire patienter, et leur raconte des repas copieux, des galettes, des boulettes de viande, du poulet frit …
« Fais dodo, mon petit chéri !
Tu as mangé du poisson et du riz …
Je te fais des bisous sur le front,
Pour t’accompagner au sommeil …
Oh ! Mon prince, comme tu es mignon,
Avec tes cheveux noirs, et tes lèvres vermeilles …
Dors, que je dépose sur tes paupières
Des bisous, des rêves et des prières … »
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